Caractéristiques de l’application « second écran » idéale

 

Utiliser sa tablette ou son Smartphone ou un laptop tout en regardant un programme à la TV est quelque chose de relativement banal.

Cette pratique devient encore plus populaire et interactive avec le nombre grandissant de programmes qui proposent un « hashtag » spécifique pour fédérer en un seul « fil info » tous les commentaires émis par les téléspectateurs (sur Twitter le plus souvent) au sujet dudit programme. Dans certains cas il est même possible de voir apparaitre ses commentaires à l’écran (exemple « The Voice Belgique » – RTBF) ou encore d’intervenir sur le cours de l’émission par exemple en posant des questions (exemple « C dans l’air » – France 5).

Pour bénéficier pleinement de ces pratiques les producteurs de contenus et les chaines de télévision qui les diffusent ont intérêt à proposer des applications second écran à haute valeur ajoutée qui peuvent agir comme de véritables compagnons, indispensables pour regarder une émission et profiter totalement de l’expérience transmédia. Le but ultime est de garder le téléspectateur / internaute au sein d’un environnement maitrisé ou il est par exemple possible de proposer des contenus publicitaires ou des bonus payants.

Faute de proposer de telles applications, les échanges se passent via des plateformes tierces (Facebook, Twitter, MisoTV etc.) qui dépendant d’autres régies publicitaires et d’autres business modèles.

caractéristiques application second écran

Pour plaire et être adoptées par les téléspectateurs, ces applications-compagnon devraient cependant présenter un certain nombre de caractéristiques :

Un contenu complémentaire et à valeur ajoutée

Par définition une application second écran se regarde en complément du flux principal diffusé sur la télévision. Il n’est donc pas obligatoire de recevoir sur sa tablette le flux principal, mais bien un contenu complémentaire à celui-ci. Ce contenu doit permettre d’explorer de nouvelles pistes et d’enrichir le flux « primaire » mais sans trop distraire le téléspectateur qui sinon risquerait de décrocher.

Le contenu additionnel proposé doit apporter de la valeur ajoutée, par exemple le « fact checking » pendant un débat politique qui permet de valider / invalider en quasi temps réel les affirmations des invités. Cette vérification peut être l’œuvre de journalistes professionnels, de la communauté des internautes ou un mix des deux.

Un contenu exclusif

Pour encourager l’adoption d’une application second écran et se différencier de la concurrence, il est important de proposer un contenu exclusif ou du moins qu’il n’est pas facile de trouver sur d’autres sources.

Contre-exemple : l’application second écran de l’Eurovision 2013 qui propose exactement le même contenu que celui disponible sur le site web de l’organisation. Dans ces conditions quel est l’intérêt de l’application ?

application second ecran

Contenu multimédia

Proposer une valeur ajoutée maximale suppose d’exploiter à fond les caractéristiques des Smartphones et autres tablettes : Son, image, texte et vidéo, mais également GPS, accéléromètre, gyroscope etc. Le sommet serait d’accéder à la réalité augmentée par reconnaissance d’images ou de sons.

Ouverture sur les médias sociaux

Une application second écran doit intégrer en son sein les flux issus des médias sociaux (Twitter et Facebook en tête) et doit permettre d’interagir avec eux sans qu’il ne soit nécessaire de quitter l’écosystème de l’application. Cette ouverture doit être bidirectionnelle, il doit être possible de recevoir, mais également d’envoyer de l’information comme par exemple signaler ce que l’on regarde, « aimer » un programme, donner son avis, échanger, voter, participer etc.

Synchronisation avec le flux primaire

Bien que techniquement délicate à mettre en œuvre, cette fonction permet de synchroniser les informations complémentaires affichés sur le second écran avec le flux diffusé sur l’écran principal. Par exemple si je regarde le grand prix de F1 et que Vettel est en tête, l’application me propose en priorité d’accéder à une fiche biographique de Vettel plutôt que d’un autre pilote. C’est le principe des suggestions de recherche de Google mais appliqué au contexte ultra local.

Application second ecran

Interactions avec le flux primaire

Pour favoriser l’immersion du téléspectateur et multiplier les opportunités de monétisation de son attention, il est important de permettre au téléspectateur de devenir acteur. Par exemple en lui proposant de :

  • Participer depuis son salon au jeu « qui veux gagner des millions » qu’il regarde.
  • De s’inscrire à l’enregistrement de la prochaine émission.
  • D’influencer le contenu, par exemple en choisissant la fin de l’histoire ou en votant pour un l’élimination d’un candidat.
  • Etc.

Plus interactif encore, la possibilité de faire son propre montage d’une émission en choisissant les angles de vue des caméras, le montage des plans etc. (cf. système C-Cast da la société Belge EVS).

E-Commerce

Parce que le but de tout éditeur de contenu est de commercialiser au mieux son contenu, une application Second écran devrait inclure un certain nombre d’options commerciales comme :

  • Acheter la bande son du film / de la série diffusée.
  • Commander une « preview » du prochain épisode ou un « replay » d’un ancien épisode. (principe du Pay Per View combiné au « in App-Purchase »)
  • Placement de produits
  • Contenus sponsorisés
  • Etc.

A l’heure actuelle et en Europe du moins l’application Second Ecran qui présenterait toutes ces caractéristiques n’existe pas encore. En cause essentiellement l’absence de business model éprouvé (et rentable)  mais surtout le fait que la détention des droits intellectuels sur un contenu est totalement fragmentée. Si les chaines TV disposent des droits de diffusion d’un contenu, elles ne possèdent pas toujours les droits de VoD ou de « replay », et encore moins les droits de merchandising ou les droits sur les contenus complémentaires.

Nous consommons déjà la télévision  de manière « transmédia » mais le droit qui régit la propriété intellectuelle est lui encore totalement « mono média»

Si le sujet vous intéresse:

Geoffrey Laloux, consultant en stratégie et marketing digital, social et mobile

Geoffrey Laloux

À propos de Geoffrey Laloux

Consultant en stratégie Marketing (Digital, Social et Mobile). J'accompagne les entreprises, les start ups et les institutions dans la l'élaboration et la mise en place de stratégies et de solutions marketing. Plus d'infos sur www.geoffreylaloux.be
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