Ce mardi 26 juin le Café Numérique de Charleroi et Technofutur TIC organisaient une rencontre avec le journaliste Philippe Allard, auteur du tout récent livre « Gagner les élections avec l’Internet » aux éditions EdiPro. Etaient également présents 4 représentants de partis et/ou candidats aux élections communales prochaines.
Rapide compte rendu et impressions :
- Le mythe d’Obama et de sa « victoire grâce aux médias sociaux » reste bien vivace!
- Dans l’esprit de beaucoup de candidats (et de non-geeks) les réseaux sociaux c’est essentiellement Facebook, et parfois un petit peu Twitter.
- Les candidats utilisent essentiellement un blog (et/ou un site web), Facebook et parfois Twitter et rare sont ceux qui mettent en place un site « habituel » et un site spécifique pour une campagne électorale.
- Ce sont les « petits nouveaux » et les milieux de listes qui ont le plus à gagner à développer une communication sur internet. Car le digital leur offre une tribune relativement accessible pour se créer une image. Mais il est évident que la télévision reste le média roi.
- Le retour sur attention de l’utilisation des réseaux sociaux en communication politique est loin d’être démontré (en fait de récentes études en France tentent à démontrer que l’influence des médias sociaux en politique est assez faible), mais est-ce vraiment important ? Avons-nous jamais étudiés le « retour sur investissement » des affiches électorales ou des poignées de mains serrées sur les marchés ?
- De manière générale les candidats n’ont pas de stratégie pour gérer les contenus diffusés sur différents médias mais intuitivement ils sentent que l’on ne peut pas communiquer de la même manière sur Twitter, Facebook ou sur un blog.
- Les candidats sont libres de gérer leur communication digitale, tout au plus reçoivent ils un peu de support de la part du parti. Mais ce support est le plus souvent limité à une charte graphique à respecter. Il n’y a pas d’aide pour travailler le fond (ou les gestions de crises).
- Twitter est plus souvent utilisé à titre personnel mais il est clair pour tout le monde que l’intérêt principal de Twitter est de toucher les journalistes.
En conclusion :
Internet et les réseaux sociaux font maintenant partie de « l’arsenal » standard du communicant politique et ce même si c’est loin d’être une évidence ou quelque chose de naturel pour beaucoup.
Les candidats (surtout les « petits ») se lancent donc dans l’aventure un peu au hasard et en procédant essentiellement par essais et erreurs. Le besoin en formation et accompagnement est donc important pour nombre d’entre eux.
On peut raisonnablement affirmer que le couple « internet-communication politique » va croitre en importance, même si les spécificités de notre monde politique Belge feront que ce type de communication restera toujours quelque chose d’alternatif et de relativement secondaire – du moins pour les élections aux enjeux régionaux et locaux.
Nous pensons néanmoins que la communication politique sur internet doit s’envisager avec autant de sérieux et de professionnalisme que la communication « classique ». Si on n’imagine pas une photo pour une affiche prise par un photographe amateur équipé d’un Smartphone, il n’ y a pas de raisons de continuer à traiter en dilettante les médias digitaux.
Geoffrey Laloux
